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25 Octobre 2025 : l’Assemblée rejette le gel du barème de l’impôt sur le revenu !

Lors de l’examen du Projet de loi de finances pour 2026, l’Assemblée nationale a infligé une gifle au gouvernement en rejetant le gel prévu du barème de l’Impôt sur le revenu.

Ce retournement marque une inflexion notable du rapport de force politique : l’exécutif souhaitait une « année blanche » pour les finances publiques, la Chambre a dit non.

Pourquoi le gel ?

Le gouvernement avait proposé de ne pas indexer en 2026 le barème de l’impôt sur le revenu, dans le cadre d’un effort global de réduction du déficit. Cela revenait à augmenter littéralement l’impôt : selon les estimations, 200 000 foyers supplémentaires seraient entrés dans l’impôt, et la mesure aurait rapporté environ 2 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Cette “année blanche” fiscale visait à limiter l’effet de l’inflation sur l’impôt, en imposant un gel des tranches. Mais nombreux ont vu là un piège : les revenus modestes seraient restés imposables tandis que le pouvoir d’achat reculerait.

Un vote qui en dit long

En séance, une coalition hétéroclite s’est formée autour d’un amendement déposé par Laurent Wauquiez (groupe Les Républicains) : droite, extrême-droite, une partie des macronistes et les députés de la La France insoumise ont voté en faveur d’une indexation du barème sur l’inflation (~1,1 %).

Le gouvernement et certains groupes de gauche (dont le Parti socialiste) s’y opposaient, jugeant l’effort trop coûteux dans le contexte budgétaire.

Le résultat : le gel est repoussé — et avec lui une partie des recettes que le gouvernement anticipait.

 

 

Quelles conséquences pour l’exercice 2026 ?

Le budget « recettes » perd environ 2 milliards d’euros par rapport à la trajectoire initialement prévue.

Le message envoyé est clair : l’Assemblée n’adhère plus à la logique d’effort collectif uniquement par la hausse des impôts ; elle veut davantage de contrôle sur les dépenses et un équilibre distinct.

Pour les ménages, l’indexation du barème signifie que le glissement-élargissement (entrée de nouveaux foyers dans l’impôt) est évité. Toutefois, cela ne règle pas tous les défis liés à l’inflation et au pouvoir d’achat.

À surveiller

Le texte doit encore passer au Sénat : l’équilibre pourrait être modifié lors de la navette parlementaire.

D’autres mesures fiscales sont en débat (pensions alimentaires, heures supplémentaires, « taxe Zucman » pour les très hauts patrimoines), ce qui pourrait redistribuer l’effort fiscal.

Une question de fond demeure : où sera l’effort ? Dépenses publiques ? Politique fiscale ? Ajustement structurel ? Le vote de ce jour marque une partie du jeu mais non sa conclusion.

Ce rejet du gel du barème de l’impôt sur le revenu modifie la dynamique budgétaire : l’Assemblée nationale a affirmé sa volonté de ne pas simplement “laisser faire” l’exécutif.

Cela oblige le gouvernement à redéfinir sa stratégie fiscale et budgétaire pour 2026, dans un contexte déjà marqué par fragilité économique et déficit persistant.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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