Budget 2026 : le gouvernement affronte deux motions de censure après l’activation du 49.3

La journée de ce mardi 27 janvier 2026 a été marquée par un nouvel épisode de forte tension politique à l’Assemblée nationale.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu fait face à deux motions de censure, déposées respectivement par la gauche hors Parti socialiste et par le Rassemblement national, en réaction à l’activation de l’article 49.3 sur la partie « dépenses » du budget de l’État pour 2026.

Le recours au 49.3 pour faire adopter le budget
Vendredi dernier, l’exécutif a engagé sa responsabilité pour faire adopter sans vote le volet dépenses du projet de loi de finances 2026.
Une décision vivement critiquée par les oppositions, qui dénoncent un passage en force et une marginalisation du débat parlementaire. Pour le gouvernement, ce recours était nécessaire afin d’éviter un blocage institutionnel et garantir la continuité de l’action publique.
Une opposition divisée face à la censure
Si la gauche écologiste et La France insoumise ont appelé à voter la censure, le Parti socialiste a choisi de ne pas s’y associer. Le PS affirme avoir obtenu plusieurs concessions du gouvernement, notamment la hausse de la prime d’activité, l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu et la généralisation des repas universitaires à 1 euro. Un choix qui suscite de vives critiques à gauche, certains dénonçant un renoncement politique.
De son côté, le Rassemblement national a déposé sa propre motion de censure, fustigeant un budget jugé inefficace, incapable de freiner la dette publique et susceptible, selon ses députés, d’alourdir la pression fiscale à terme.
Un budget qualifié de « compromis »
À la tribune, plusieurs députés des groupes du centre et de la droite modérée ont décrit un texte « imparfait », mais nécessaire. « Un budget qui ne plaît à personne mais qui a le mérite d’exister », a résumé Jean-Paul Mattéi (Les Démocrates). Le gouvernement, lui, défend un budget de responsabilité, affirmant que la dépense publique ralentit pour la première fois depuis longtemps, sans hausse d’impôts pour les ménages.
Sébastien Lecornu a assuré qu’aucune alternative crédible n’avait émergé au cours des centaines d’heures de débats parlementaires, tout en regrettant une « caricature » du texte par ses opposants.
Une issue largement prévisible
Sauf surprise, les deux motions de censure devraient être rejetées, faute de majorité suffisante pour faire tomber le gouvernement. La première motion déposée par la gauche avait déjà échoué la semaine dernière, à 19 voix près.
Si le budget est confirmé par le vote de ce mardi, il poursuivra son parcours parlementaire avec un examen au Sénat jeudi, avant un retour à l’Assemblée nationale en fin de semaine. Le gouvernement pourrait alors recourir une nouvelle fois au 49.3 pour l’adoption définitive de la loi de finances 2026.
Une crise politique loin d’être terminée
Au-delà du vote, cet épisode illustre la fragilité de l’équilibre politique actuel et les tensions persistantes autour de la gouvernabilité du pays. Entre compromis contraints, oppositions radicales et usage répété du 49.3, le budget 2026 s’impose comme un symbole d’une crise politique qui continue de structurer la vie parlementaire française.



