Carburants : des prix au plus bas, mais la hausse est imminente en 2026

En 2025, les automobilistes ont connu une baisse inédite des prix des carburants à la pompe, profitant d’un tarif particulièrement bas. Le prix moyen des principaux carburants, inférieur à 1,60 euro par litre, n’avait pas été observé depuis octobre 2022.
Cette tendance a été alimentée par une chute des cours du pétrole, qui ont touché des niveaux historiquement bas. Cependant, cette embellie pourrait bien être de courte durée, notamment avec l’entrée en vigueur, dès le 1er janvier 2026, d’une nouvelle mesure écologique susceptible de faire flamber les prix. Quelles sont les raisons de cette baisse et quels seront les effets à venir pour les automobilistes français ?
Une baisse inédite des prix à la pompe
Les automobilistes ont vu les prix à la pompe chuter à des niveaux exceptionnels en cette fin d’année 2025. En moyenne, le prix du gazole était de 1,5299 euro le litre, un prix qui n’avait pas été observé depuis plus de quatre ans. En ce qui concerne l’essence, le prix du sans-plomb 95 E10 était de 1,5992 euro, tandis que le SP98 se vendait à 1,7088 euro.
Les prix de l’essence sont au plus bas depuis trois ans : 1,53 euro en moyenne le litre de gazole, et 1,60 euro le SP95-E10. Cette baisse s’explique notamment par la baisse des cours mondiaux du pétrole. #JT13H pic.twitter.com/py47i2LSb7
— franceinfo (@franceinfo) December 27, 2025
Ces prix très compétitifs ont été largement propulsés par une baisse des cours mondiaux du pétrole, mais aussi par des initiatives de certaines enseignes qui ont proposé des promotions spéciales lors des vacances scolaires, permettant à leurs clients de bénéficier de prix réduits.
Le contexte économique a permis cette accalmie. Le prix du baril de pétrole, qui se négociait autour de 60 dollars ces dernières semaines, a facilité cette baisse des prix. Pour les consommateurs, cela s’est traduit par une facture moins élevée à la pompe, mais cette tendance pourrait s’inverser dans les semaines à venir, et les automobilistes risquent de se retrouver confrontés à des augmentations de prix dès 2026.
Le rôle clé de la baisse des cours du pétrole
L’explication principale de cette chute des prix des carburants réside dans la baisse des cours du pétrole. Le baril de pétrole brut, qui était tombé à environ 60 dollars, a eu un impact direct sur le prix des carburants à la pompe. Cette situation est en grande partie due à un excédent d’offre, causé par une hausse de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (Opep+). Cette augmentation de l’offre combinée à des incertitudes sur la demande mondiale a eu pour effet de réduire les prix.
Les prix de l’essence sont au plus bas depuis trois ans. Et ils ne cessent de chuter : moins de 7 centimes par rapport à la semaine dernière pour le sans-plomb et le gazole. En cause, la baisse des cours mondiaux du pétrole.
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De plus, un autre facteur a joué en faveur des consommateurs : l’euro a montré une certaine résistance par rapport au dollar américain, ce qui a facilité l’importation de pétrole et a contribué à maintenir les prix des carburants plus bas en France.
Thierry Bros, expert en énergie et climat, explique qu’une chute encore plus drastique du prix du pétrole, à 50 dollars le baril, ne semble pas réalisable. Cela risquerait de trop nuire aux producteurs américains, qui ont un coût de production plus élevé, rendant un tel niveau de prix peu envisageable à court terme.
Une hausse annoncée dès janvier 2026
Malheureusement pour les automobilistes, cette période de prix bas pourrait bien toucher à sa fin dès janvier 2026. Les pétroliers français ont prévenu qu’une augmentation de 4 à 6 centimes par litre était à prévoir. Cette hausse serait directement liée à l’évolution du dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE), dont la réforme prévue pour le début de l’année prochaine entraînera une revalorisation des coûts de production pour les distributeurs de carburants.
Les certificats d’économie d’énergie sont un mécanisme écologique mis en place par le gouvernement français afin d’inciter à la réduction des consommations d’énergie. Depuis sa création, ce dispositif a déjà modifié les comportements des producteurs et des consommateurs, et la prochaine réforme devrait impacter encore davantage les prix à la pompe, au détriment des consommateurs.
D’autres mesures associées à la transition énergétique pourraient également jouer un rôle dans cette évolution des prix, notamment des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pèseront de plus en plus sur les politiques publiques liées au secteur de l’énergie.
Les impacts de cette hausse sur le pouvoir d’achat des Français
L’augmentation du prix des carburants aura des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des Français, en particulier pour ceux qui dépendent de leur véhicule pour se déplacer. Une hausse de 4 à 6 centimes par litre peut sembler modeste, mais elle pourrait représenter une charge supplémentaire significative sur le budget mensuel des automobilistes, en particulier ceux qui parcourent de longues distances au quotidien pour leur travail ou leurs études.
Cela pourrait également raviver le débat sur les alternatives à la voiture individuelle, comme les transports en commun ou encore la mobilité douce, pour tenter de limiter l’impact de la hausse des carburants sur le budget des ménages. Dans ce contexte, la question de l’impact environnemental et économique des politiques publiques se posera de manière plus urgente, car les Français pourraient être confrontés à un choix difficile entre continuer à utiliser leur voiture à des coûts en hausse ou chercher des solutions plus écologiques.
Alors que la situation est encore volatile, il est certain que l’année 2026 marquera un tournant pour les prix des carburants, avec une tendance à la hausse qui pourrait se prolonger à mesure que des réformes énergétiques se mettent en place.



