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CNews en tête des chaînes d’information en 2025 : une victoire d’audience aux lourds enjeux médiatiques

En 2025, le paysage audiovisuel français connaît un bouleversement majeur. Pour la première fois depuis la création des chaînes d’information en continu, CNews s’impose comme la première chaîne d’info de France sur l’ensemble d’une année, selon les chiffres publiés par Médiamétrie le 29 décembre.

Avec 3,4 % de parts d’audience, la chaîne du groupe Canal+, contrôlée par Vincent Bolloré, dépasse BFMTV, longtemps leader incontesté. Cette progression spectaculaire s’inscrit dans une dynamique éditoriale et politique qui suscite autant d’adhésion que de controverses.

Une performance d’audience historique face à BFMTV et LCI

Les chiffres annuels de Médiamétrie confirment un tournant : CNews devance BFMTV (2,8 %), LCI (2 %) et Franceinfo (0,9 %). Si BFMTV conserve une avance en nombre de téléspectateurs uniques — 45 millions en décembre contre 39 millions pour CNews — la chaîne de Bolloré bénéficie d’un temps de visionnage plus élevé, critère déterminant dans le calcul des parts d’audience. En clair, les téléspectateurs de CNews restent plus longtemps devant l’écran.

 

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Cette domination marque une rupture nette avec la situation de 2024, où CNews et BFMTV se partageaient la première place avec 2,9 % chacune. Elle s’inscrit également dans une reconfiguration technique de la TNT : depuis le 6 juin, les chaînes d’information sont regroupées entre les canaux 13 et 16, favorisant une concurrence frontale et une lisibilité accrue pour le public.

Dans ce contexte, CNews a su capter et fidéliser une audience stable, au point de devenir la sixième chaîne nationale toutes catégories confondues, juste derrière France 5.

De i-Télé à CNews : une ascension rapide portée par les talks

Le parcours de CNews est d’autant plus remarquable qu’il contraste avec son passé. Sous le nom d’i-Télé, la chaîne est restée pendant près de quinze ans sous la barre de 1 % d’audience après son arrivée sur la TNT en 2005. Le changement de cap amorcé à partir de 2019 marque un virage stratégique profond : place aux émissions de débats, aux éditorialistes omniprésents et aux figures fortes de l’antenne.

Pascal Praud, Laurence Ferrari ou Christine Kelly incarnent cette nouvelle identité, fondée sur des formats de talk-show où l’opinion occupe une place centrale.

Cette approche tranche avec celle de ses concurrentes, plus axées sur l’information factuelle et le direct. Dans un climat politique polarisé, ce choix éditorial s’avère payant. Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+, a d’ailleurs salué sur le réseau X un résultat « jamais vu » et une « trajectoire unique » dans l’audiovisuel français, affirmant que cette dynamique se poursuivra en 2026.

Polémiques, pluralisme et rôle du régulateur audiovisuel

Cette réussite n’est toutefois pas exempte de critiques. Plusieurs enquêtes, notamment de Reporters sans frontières et du journal Libération, accusent CNews de contourner les règles de l’équilibre politique. Selon ces travaux, les personnalités de droite et d’extrême droite bénéficieraient d’une exposition massive en prime time, tandis que les voix de gauche seraient reléguées à des horaires nocturnes à faible audience.

Ces pratiques interrogent directement le respect de la loi de 1986 sur l’audiovisuel, qui impose aux chaînes diffusant sur des fréquences publiques d’assurer le pluralisme des courants de pensée et d’opinion. Contrairement à la presse écrite, les télévisions sont soumises à des obligations strictes en matière d’équilibre politique.

L’Arcom, autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, dispose théoriquement de leviers de sanction, allant de la mise en demeure à des pénalités plus lourdes.

Dans un contexte où la banalisation des discours du Rassemblement national est régulièrement pointée par les observateurs, l’ascension de CNews dépasse la seule question des audiences. Elle pose celle de l’influence médiatique, du respect des règles démocratiques et de l’évolution du débat public en France.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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