Dons d’argent : ce qui change dès janvier 2026, tous les Français concernés

exclusivement en ligne. Le fameux formulaire papier 2735, que beaucoup remplissaient encore à la main avant de l’envoyer au centre des finances publiques, vivra ses dernières semaines d’existence. Un décret publié en novembre 2025 vient enfin fixer la date d’entrée en vigueur d’une réforme annoncée depuis plusieurs années, mais plusieurs fois repoussée.
Ce tournant n’est pas anodin. Chaque année, des centaines de milliers de dons familiaux – donations d’argent, aides ponctuelles, transmission de bijoux ou d’œuvres, remise de meubles – doivent être déclarés à l’administration fiscale. Jusqu’ici, chacun pouvait choisir entre la voie dématérialisée et la version papier.

Dès 2026, cet arbitrage disparaît : la déclaration en ligne devient non seulement la voie privilégiée, mais surtout la seule autorisée, sauf exceptions limitées.
Une modernisation plusieurs fois annoncée, enfin confirmée
Pour comprendre cette évolution, il faut remonter au décret du 24 juin 2020, qui avait déjà instauré une obligation de télédéclaration pour plusieurs démarches fiscales, dont les déclarations de succession et de dons.
Le texte prévoyait une mise en œuvre au plus tard le 1er juillet 2025. Mais cette échéance avait été suspendue au printemps 2025, officiellement pour laisser le temps à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) de « moderniser le parcours utilisateur ».
Ce report avait suscité une certaine confusion chez les contribuables, d’autant que le téléservice dédié existait déjà depuis 2021. Mais l’administration avait promis un parcours refondu, plus clair, et surtout unique.
La publication du décret de novembre 2025 met donc fin à l’incertitude : à compter de 2026, tout passe obligatoirement par impots.gouv.fr, que le don soit modestement exonéré ou suffisamment important pour être taxé.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de dématérialisation progressive des démarches fiscales. Durant l’automne 2025, le ministère de l’Économie a d’ailleurs réaffirmé que d’autres obligations de téléservice suivront en 2026 et 2027, notamment pour certaines déclarations de succession et actes patrimoniaux.
Ce que cela change concrètement pour les particuliers
Pour les foyers habitués aux formulaires papier, la transition peut sembler abrupte. Concrètement, toute personne recevant un don d’argent devra désormais se connecter à son espace personnel impots.gouv.fr, accéder à la rubrique « Déclarer un don », remplir le formulaire en ligne, puis payer immédiatement les éventuels droits dus. Le traitement sera plus rapide, mais la démarche devient 100 % numérique.

Certains points restent toutefois inchangés : le délai pour déclarer un don reste identique, tout comme les règles d’abattement, d’exonération (comme les dons familiaux jusqu’à 31 865 € sous conditions) ou de taxation. Ce qui évolue, c’est la manière de transmettre l’information au fisc.

Les particuliers devront aussi prendre l’habitude de conserver des preuves du don (virement, acte, écrit, capture d’écran) pour les joindre si l’administration en fait la demande. La DGFiP assure que le nouveau téléservice rendra cette étape plus intuitive, grâce à une interface améliorée et à une FAQ étoffée mise à jour fin 2025.

Des exceptions limitées pour les personnes sans accès Internet
Le décret de 2025 prévoit néanmoins quelques exceptions. Certaines personnes continueront de bénéficier de la possibilité de déposer une déclaration papier, principalement celles qui ne disposent pas d’un accès à Internet ou d’un équipement suffisant. Cette disposition est cohérente avec la politique du « droit à l’accompagnement », qui garantit l’accès aux services publics aux personnes éloignées du numérique.
Mais attention : ces exceptions restent marginales. Elles ne concerneront pas les contribuables simplement « peu à l’aise » avec les outils numériques, mais bien ceux qui peuvent démontrer une absence totale d’accès. Pour les autres, il sera possible de se faire aider dans les points France Services, ou directement au guichet des centres des finances publiques, où un médiateur guidera l’usager.
Une réforme qui pourrait simplifier… mais aussi surprendre
Cette obligation va clairement dans le sens de la simplification administrative. Elle devrait permettre une meilleure traçabilité des dons, limiter les erreurs, accélérer le calcul des abattements restants et réduire les délais de traitement.
Le gouvernement y voit également un moyen de lutter contre les omissions de déclaration, fréquentes dans les transmissions d’argent au sein des familles.

Mais la réforme risque aussi de surprendre les personnes âgées, souvent donatrices, qui utilisent encore majoritairement les formulaires papier. En novembre 2025, plusieurs associations ont alerté sur le risque de « creuser l’écart numérique » pour certains publics.
Le ministère a répondu en annonçant un renforcement des dispositifs d’accompagnement dès le premier trimestre 2026.
Une nouvelle ère pour la transmission familiale
Avec cette obligation, la France franchit une nouvelle étape dans la numérisation de la fiscalité patrimoniale. Les dons familiaux, souvent effectués pour aider un enfant à financer un projet, soutenir un proche ou anticiper une succession, entreront désormais dans un parcours entièrement digitalisé.
La DGFiP mise sur une meilleure compréhension des règles et un suivi plus clair des abattements, ce qui pourrait encourager certains contribuables à anticiper davantage leurs transmissions.
L’année 2026 inaugurera donc un nouveau réflexe fiscal : pour chaque don d’argent ou de bien, un passage systématique par le portail en ligne. Une modernisation qui promet plus de simplicité, mais qui demande dès maintenant aux Français de s’adapter à cette nouvelle norme administrative.



