Grève des AED et AESH : les personnels éducatifs se mobilisent le 16 décembre

Le mardi 16 décembre 2025, les établissements scolaires pourraient tourner au ralenti.
Assistants d’éducation (AED) et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont appelés à une journée de grève et de mobilisation nationale afin de dénoncer des conditions de travail jugées indignes et une précarité devenue structurelle au sein de l’Éducation nationale.
Des personnels essentiels, mais toujours fragilisés
Présents au quotidien dans les collèges, lycées et écoles, les AED et les AESH assurent des missions indispensables au bon fonctionnement du service public d’éducation. Surveillance, accompagnement des élèves, gestion de situations sensibles, inclusion scolaire : leur rôle est central. Pourtant, ces personnels restent parmi les plus mal reconnus et les plus précaires de l’institution.
Malgré les annonces successives du ministère, les évolutions récentes, notamment la publication d’un nouveau cadre de gestion pour les AED, sont perçues comme largement insuffisantes. Dans les faits, les contrats restent majoritairement à durée déterminée, soumis à l’appréciation des chefs d’établissement, sans véritable garantie de stabilité professionnelle.
AED : des contrats instables et des perspectives limitées
Pour les assistants d’éducation, le renouvellement des contrats demeure incertain. L’accès au CDI, pourtant arraché à la suite de mobilisations passées, reste conditionné à de multiples validations administratives. De nombreux agents dénoncent des pratiques consistant à ne pas renouveler les contrats à l’approche de la sixième année, afin d’éviter toute titularisation durable.
À cela s’ajoutent l’absence de grille salariale nationale, des écarts de rémunération selon les académies et des conditions de travail particulièrement difficiles dans les internats, où les heures de nuit ne sont pas pleinement reconnues. Le manque chronique de personnel accentue la pression sur les équipes, souvent contraintes d’assurer des missions qui dépassent largement leur fiche de poste.
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AESH : un métier indispensable, mais sous-payé
Du côté des AESH, la situation n’est guère plus enviable. Rémunérés au niveau du SMIC horaire, nombreux sont ceux qui perçoivent moins de 1 000 euros nets par mois en raison de temps de travail imposés à temps incomplet. La mise en place des PIAL a entraîné une multiplication des lieux d’intervention et une charge de travail accrue, parfois au détriment de la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.
Les inégalités salariales persistent également, notamment concernant la prime REP/REP+, versée partiellement et tardivement, malgré un engagement ancien dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire.
Une revendication commune : un vrai statut et des salaires décents
Face à ce constat, les organisations syndicales réclament des mesures concrètes : la création de véritables statuts de fonctionnaires pour les AED et les AESH, une revalorisation significative des salaires, la reconnaissance de l’ancienneté et une réduction du temps de travail pour améliorer les conditions d’exercice.
Parmi les revendications figurent également la création de postes supplémentaires, une gestion plus transparente des carrières et l’alignement des grilles salariales entre les différents personnels éducatifs.
Une date clé dans un contexte budgétaire tendu
La mobilisation du 16 décembre intervient alors que se tient le Comité social d’administration ministériel consacré aux arbitrages budgétaires. Pour les personnels mobilisés, cette échéance représente une opportunité de peser sur les décisions à venir et de rappeler que l’école ne peut fonctionner durablement sur la précarité de celles et ceux qui la font vivre au quotidien.


Des rassemblements sont prévus dans plusieurs villes, notamment à Paris, où un appel à la mobilisation a été lancé dès l’après-midi.
« Mettre les vies scolaires à l’arrêt »
Par cette journée de grève, AED et AESH entendent envoyer un message clair : sans reconnaissance, sans statut et sans revalorisation, le service public d’éducation continuera de s’affaiblir. Leur mobilisation vise à obtenir des avancées concrètes et à rappeler que la stabilité des personnels est une condition essentielle à la réussite des élèves.
Le 16 décembre 2025 pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans la lutte pour la reconnaissance de ces métiers, longtemps invisibilisés, mais aujourd’hui plus que jamais indispensables.



