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Grève nationale du 2 décembre 2025 : le pays risque-t-il de tourner au ralenti ? Voici ce qui vous attend

Le mardi 2 décembre 2025 s’annonce comme l’une des journées de mobilisation les plus suivies de la fin d’année. À l’appel de plusieurs organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, une grève nationale est prévue pour dénoncer le Projet de Loi de Finances 2026, jugé porteur de mesures d’austérité inédites depuis plus d’une décennie.

Services publics, écoles, transports, aviation, guichets administratifs : l’ensemble du territoire pourrait être concerné par des perturbations plus ou moins fortes. Voici à quoi s’attendre secteur par secteur, au plus près des préavis et annonces recensés au 26 novembre.

Pourquoi la journée du 2 décembre cristallise autant de tensions ?

Le choix de cette date n’a rien d’anodin elle se situe au cœur de l’examen parlementaire du budget 2026, dont plusieurs mesures provoquent un vif rejet dans le camp syndical. Les organisations à l’origine de la mobilisation dénoncent un texte perçu comme profondément régressif, avec des coupes qui toucheraient simultanément les travailleurs, les services publics et le tissu social.


Les points de crispation sont nombreux. D’un côté, les syndicats fustigent la suppression d’emplois dans la Fonction publique, notamment dans l’Éducation nationale, déjà marquée par une pénurie d’enseignants et une hausse des démissions ces dernières années. De l’autre, l’absence de revalorisation significative du point d’indice est vécue comme une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour des millions d’agents.

La mobilisation porte également sur plusieurs mesures très contestées : le doublement des franchises médicales, perçu comme une pénalisation directe pour les ménages modestes ; l’application de réformes récentes jugées « socialement destructrices », et une fiscalité accusée d’aggraver les inégalités. À travers cette journée de grève, les syndicats espèrent inverser le rapport de force et pousser l’exécutif à revoir sa copie avant l’adoption définitive du budget.

Écoles et périscolaire : un secteur en première ligne, fort risque de perturbations

L’Éducation nationale s’annonce comme l’un des secteurs les plus mobilisés, notamment dans le secondaire où 4 018 suppressions de postes sont prévues. Les enseignants dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de travail et un manque d’attractivité qui se traduit par des classes surchargées et des remplacements de plus en plus difficiles à assurer.

 

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Pour les familles, cette grève risque d’être particulièrement visible. Selon les remontées syndicales, de nombreuses écoles maternelles et primaires pourraient fonctionner en service minimum ou fermer totalement leurs portes. Dans les collèges et lycées, les absences d’enseignants pourraient être massives, entraînant des cours annulés ou des accueils partiels.

Les services périscolaires seront également touchés. Cantines, garderies du matin et du soir, activités encadrées : les municipalités anticipent déjà des difficultés de fonctionnement. Certaines villes ont commencé à alerter les parents sur des aménagements nécessaires, notamment une réduction des horaires ou une fermeture totale de certaines structures.

Cette situation illustre l’ampleur du malaise éducatif, au moment même où les syndicats réclament une revalorisation salariale significative et un plan d’investissement pour enrayer la crise d’attractivité du métier.

Transports : trains, métro, bus, avions… quelles lignes seront perturbées ?

Le réseau ferroviaire sera directement impacté, la CGT Cheminots ayant appelé à rejoindre le mouvement. Bien que le nombre exact de grévistes ne soit pas encore connu, la SNCF a confirmé que ses prévisions de trafic seront publiées le lundi 1er décembre à 17h. Les usagers doivent s’attendre à des retards, des trains supprimés et des modifications de dernière minute, en particulier sur les liaisons régionales et intercités.

Du côté de la RATP, un préavis couvrant la période du lundi 1er décembre à 18h jusqu’au mercredi 3 décembre à 7h laisse présager des perturbations significatives dans les transports parisiens. Métro, RER, bus et tram pourraient être touchés de manière inégale selon les lignes, mais une fréquentation accrue des trains circulant est déjà anticipée.

Dans le secteur aérien, l’impact devrait être plus modéré, même si deux syndicats minoritaires chez les pilotes d’Air France ont appelé à la grève les 2 et 3 décembre. Leur mouvement vise à dénoncer des suppressions d’emplois et des sanctions disciplinaires concernant cinq salariés. Si ces organisations sont minoritaires, leur mobilisation peut tout de même entraîner quelques retards ou réaménagements de vols, notamment sur les long-courriers et les vols intérieurs.

Services publics : administrations fermées, démarches retardées, files d’attente rallongées

La Fonction publique d’État et territoriale se prépare également à un fort taux de participation. Le gel du point d’indice, la suppression de 3 000 emplois annoncée et les réorganisations de services alimentent une colère grandissante parmi les agents.

Les administrations locales et nationales pourraient connaître des fermetures partielles ou totales. Les services les plus concernés sont :

  • Mairies et guichets d’état civil,
  • Préfectures et sous-préfectures,
  • Centres des impôts,
  • Agences France Travail,
  • Caisses d’allocations familiales,
  • Services sociaux départementaux.

Les démarches liées aux cartes d’identité, passeports, déclarations fiscales, dossiers d’aide sociale ou attestations diverses risquent de connaître des retards importants. Certaines communes recommandent déjà aux usagers de reporter toute demande non urgente.

Cette grève pourrait donc avoir un effet domino sur le traitement des dossiers administratifs, qui met souvent plusieurs semaines à se résorber après une journée de mobilisation de grande ampleur.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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