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L’Ined souligne de fortes disparités sociales et professionnelles : tous les pères ne sont pas égaux face au congé paternité

En France, le congé paternité est de plus en plus utilisé, mais tous les pères ne bénéficient pas des mêmes conditions pour le prendre. C’est le constat dressé par l’Institut national d’études démographiques (Ined), qui met en lumière de fortes disparités sociales et professionnelles dans l’accès réel à ce droit.

Si le congé paternité s’est progressivement installé dans les pratiques, son usage reste très dépendant du statut professionnel et de la stabilité de l’emploi.

Une majorité de pères prennent leur congé… mais pas tous de la même manière

Depuis l’allongement du congé paternité, une large majorité de pères prennent plus que la durée minimale obligatoire après la naissance de leur enfant.
Cependant, cette tendance masque de profondes inégalités.

Les données montrent que les pères :

  • salariés en CDI
  • fonctionnaires
  • employés dans des structures organisées

sont nettement plus nombreux à prolonger leur congé au-delà de la première semaine.

À l’inverse, d’autres profils restent en marge du dispositif.

CDD, indépendants, chômeurs : les grands perdants du congé paternité

L’Ined observe que les pères en contrat précaire ou sans emploi stable recourent beaucoup moins au congé paternité.

Sont particulièrement concernés :

  • les salariés en CDD
  • les travailleurs indépendants
  • les demandeurs d’emploi

Pour ces catégories, s’absenter plusieurs semaines peut entraîner une perte de revenus, une désorganisation de l’activité ou un risque professionnel, rendant le congé difficilement compatible avec leur situation.

Un droit qui dépend encore trop du statut professionnel

Sur le papier, le congé paternité est un droit ouvert à tous. Dans les faits, sa prise reste fortement conditionnée par la sécurité de l’emploi.

L’Ined souligne que le dispositif bénéficie avant tout aux pères :

  • disposant d’un revenu stable
  • protégés par un cadre professionnel sécurisant
  • pouvant anticiper leur absence sans conséquence immédiate

Cette réalité interroge l’égalité d’accès aux droits familiaux.

Un enjeu majeur pour l’équilibre familial

Le congé paternité vise à renforcer le lien père-enfant, à favoriser une meilleure répartition des tâches parentales et à réduire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.

Mais tant que certains pères resteront exclus de facto du dispositif, ces objectifs resteront partiellement atteints.

2026 : vers une correction de ces inégalités ?

L’arrivée annoncée d’un nouveau congé de naissance en 2026, permettant aux parents de rester plus longtemps auprès de leur enfant, relance le débat.


La question centrale demeure : ce nouveau dispositif sera-t-il accessible à tous les pères, quels que soient leur statut et leur niveau de revenus ?

Pour l’Ined, la réussite des politiques familiales dépendra désormais de leur capacité à réduire les écarts sociaux, et non seulement à allonger la durée des congés.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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