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Mexique : après la mort d’« El Mencho », Paris appelle les Français à rester confinés

Le Mexique traverse l’une des journées les plus tendues de son histoire récente. À la suite de l’élimination de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), une vague de violences coordonnées a éclaté dans plusieurs États du pays.

Face à cette situation explosive, le ministère français des Affaires étrangères a exhorté les ressortissants français présents sur place à faire preuve de « la plus grande prudence » et à rester confinés.

Une opération militaire aux conséquences immédiates

Selon les autorités mexicaines, « El Mencho », 59 ans, a été tué lors d’une opération menée par l’armée dans la localité de Tapalpa, dans l’État du Jalisco, à environ 140 kilomètres de Guadalajara. L’intervention aurait bénéficié d’un appui du renseignement américain.

Considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus puissants du pays, il était devenu, après l’arrestation de Joaquín Guzmán et de Ismael Zambada, l’une des figures centrales du crime organisé mexicain. Les États-Unis offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.

Mais à peine sa mort confirmée, le pays s’est embrasé.

Barrages, incendies et villes paralysées

Des membres présumés du CJNG ont déclenché des représailles spectaculaires : routes bloquées par des camions incendiés, bus en flammes, véhicules calcinés abandonnés sur les axes principaux, attaques contre des commerces et des infrastructures.

Dans l’État du Jalisco, notamment à Guadalajara, à Puerto Vallarta et à Tapalpa, des affrontements armés ont été signalés. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des colonnes de fumée s’élevant au-dessus des villes. Certaines vidéos se sont révélées trompeuses, mais de nombreux incidents ont été confirmés par les autorités locales.


À Guadalajara, métropole de six millions d’habitants et future ville hôte de la Coupe du monde de football 2026, la paralysie a été quasi totale après un appel des autorités demandant à la population de rester chez elle.

Au moins huit des trente-deux États mexicains ont suspendu les cours en présentiel. Le pouvoir judiciaire a autorisé la fermeture des tribunaux lorsque la situation sécuritaire l’exige. La présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme, tout en maintenant un dispositif sécuritaire renforcé.

Alerte internationale pour les voyageurs

Face à l’ampleur des violences, la France a rapidement réagi. Sur son site officiel, le Quai d’Orsay mentionne des opérations de sécurité en cours dans le Jalisco et appelle les Français – résidents ou touristes – à rester confinés et à limiter tout déplacement non essentiel.

Le ministère met également en garde contre des incidents signalés dans les États du Michoacán, Guanajuato, Nayarit, Colima, Aguascalientes et Tamaulipas. Les ressortissants sont invités à informer régulièrement leurs proches de leur situation et à se tenir strictement aux consignes des autorités locales.

Les États-Unis ont lancé un message similaire à leurs concitoyens présents dans plusieurs zones, y compris des destinations touristiques majeures comme Cancún, Guadalajara ou Oaxaca, leur demandant de « se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre ».

Au Royaume-Uni, le Foreign Office a déconseillé les voyages non essentiels dans onze États mexicains, dont Chihuahua, Sinaloa et Jalisco. Le Guatemala, de son côté, a placé ses forces de sécurité en alerte maximale et renforcé la surveillance de sa frontière avec le Mexique.

Conséquence directe : des compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols à destination de plusieurs villes mexicaines, perturbant fortement le trafic.

Un cartel prêt à tout pour affirmer sa puissance

Le CJNG est considéré comme l’une des organisations criminelles les plus violentes et structurées du Mexique. Sa capacité de réaction rapide et coordonnée après la mort de son fondateur illustre son implantation territoriale et son pouvoir logistique.

Les représailles semblent viser autant les forces de sécurité que l’économie locale et l’image internationale du pays. En frappant des villes touristiques comme Puerto Vallarta et en perturbant les aéroports, le cartel envoie un message clair : malgré la disparition de son chef historique, il reste opérationnel.

Un pays sous tension

La mort d’« El Mencho » marque sans doute un tournant dans la lutte contre les cartels, mais elle ouvre aussi une période d’incertitude. L’histoire récente du Mexique montre que l’élimination d’un chef de cartel peut entraîner des luttes internes ou une intensification des violences à court terme.

Pour les ressortissants étrangers présents sur place, la consigne reste la prudence absolue. Pour le Mexique, l’enjeu est désormais double : contenir la flambée de violences et éviter que le pays ne s’enfonce dans une nouvelle spirale de chaos sécuritaire.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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