Actualités

Noël 2025 : la revente de cadeaux atteint des records sur les plateformes en ligne

Chaque année, le scénario se répète, mais il prend désormais une ampleur inédite. À peine les papiers cadeaux retirés, des centaines de milliers de Français se tournent vers les plateformes de revente en ligne pour donner une seconde vie à leurs présents de Noël.

Livres déjà lus, jouets en double, jeux vidéo non désirés ou objets jugés peu utiles : la revente post-fêtes s’impose aujourd’hui comme un réflexe économique assumé, soutenu par des sites devenus incontournables comme eBay, Vinted, Le Bon Coin ou Rakuten.

Un afflux massif d’annonces dès le lendemain de Noël

Le 26 décembre marque désormais un temps fort pour les plateformes de revente. En l’espace de 24 heures, près de 900 000 annonces ont été publiées en France, un volume exceptionnel qui illustre l’évolution des comportements de consommation.


eBay a enregistré une activité cinq fois supérieure à la moyenne annuelle, avec environ 500 000 nouveaux articles mis en ligne sur une seule journée. Rakuten, de son côté, anticipe un cap symbolique dépassant le million d’annonces dans les jours suivant Noël.


Ce phénomène s’explique en partie par l’immédiateté des usages numériques. Smartphone en main, les consommateurs photographient, décrivent et publient leurs produits en quelques minutes. Les plateformes sont devenues suffisamment intuitives pour transformer la revente en un geste simple et rapide, intégré au quotidien. Noël représente ainsi le pic d’activité annuel pour ces sites, devant les périodes de rentrée scolaire ou de soldes.

Quels cadeaux sont le plus souvent revendus ?

Tous les présents ne connaissent pas le même destin sur le marché de l’occasion. Les livres arrivent en tête des objets les plus fréquemment remis en vente, souvent parce qu’ils ne correspondent pas aux goûts du destinataire ou qu’ils ont déjà été lus. Les jouets, notamment les jeux de société et les figurines, figurent également parmi les articles les plus revendus, en particulier lorsqu’ils sont reçus en double ou ne conviennent pas à l’âge de l’enfant.


Les jeux vidéo et accessoires high-tech complètent le classement. Leur valeur de revente reste relativement élevée, surtout lorsqu’ils sont encore emballés ou peu utilisés. Cette diversité d’objets montre que la revente ne se limite plus à des produits de faible valeur, mais concerne aussi des biens culturels et technologiques recherchés sur le marché de seconde main.

Une pratique désormais assumée par les Français

Longtemps perçue comme un tabou, la revente de cadeaux s’est largement banalisée. Une personne sur deux déclare avoir déjà revendu un présent reçu à Noël, et 71 % des Français affirment qu’ils ne seraient pas vexés si un proche faisait de même avec leur cadeau. Ce changement de regard traduit une évolution des mentalités, où l’utilité et la rationalité priment sur la symbolique.

Les raisons avancées sont multiples. Certains consommateurs expliquent revendre des objets qui ne leur plaisent pas ou qu’ils n’utiliseront jamais. Mais la motivation principale reste économique. Dans un contexte marqué par l’inflation et la pression sur le pouvoir d’achat, la revente apparaît comme une solution pragmatique, socialement acceptée et même encouragée par l’essor de l’économie circulaire.

Un levier financier et stratégique pour les plateformes

Selon les estimations, les Français récupèrent en moyenne 100 euros grâce à la revente de leurs cadeaux de Noël. Pour 70 % d’entre eux, cet argent sert à épargner ou à compenser les dépenses engagées pendant les fêtes, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente. La revente s’impose ainsi comme un complément de revenu ponctuel, mais significatif.

Pour les plateformes, cette période représente un enjeu stratégique majeur. Les équipes sont mobilisées pour renforcer la logistique, garantir la stabilité des sites face à l’afflux de connexions et intensifier les contrôles afin de limiter les arnaques. Les services clients restent joignables pendant les fêtes, et des offres promotionnelles spécifiques sont mises en place : frais de livraison réduits, bonus à la première vente ou mise en avant gratuite des annonces.

L’activité ne retombe d’ailleurs pas immédiatement après Noël. Elle se prolonge tout au long du mois de janvier, avec un second pic observé lorsque les consommateurs réalisent qu’ils ont dépassé les délais d’échange en magasin. La revente devient alors l’unique alternative, confirmant que ce marché, loin d’être saisonnier, s’inscrit durablement dans les habitudes de consommation des Français.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page