Or : pourquoi le métal précieux chute malgré les tensions au Moyen-Orient

Alors qu’il est traditionnellement considéré comme une valeur refuge, l’or surprend les marchés en enregistrant une forte baisse depuis le début du conflit en Iran.
Après une année 2025 exceptionnelle, le métal précieux a brutalement décroché, perdant près de 20 % depuis fin février. Une correction marquée, accentuée par sa pire chute hebdomadaire depuis les années 1980, qui interroge les investisseurs sur son rôle en période de crise.
Une baisse historique sous pression géopolitique
La semaine dernière, l’or a enregistré une chute de plus de 10 %, un recul inédit depuis 1983 selon plusieurs institutions financières. Ce mouvement s’est poursuivi début mars, avec un repli global proche des 20 % depuis l’escalade des tensions en Iran.
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Ce décrochage peut sembler paradoxal. En temps de crise géopolitique, l’or est habituellement recherché pour sécuriser les investissements. Pourtant, dans ce contexte précis, les marchés ont réagi différemment. Les signaux d’apaisement, notamment les discussions évoquées entre les États-Unis et l’Iran, ont contribué à réduire la demande pour les actifs refuges.
Cette évolution montre que l’or ne réagit pas uniquement aux tensions, mais aussi aux perspectives économiques et monétaires globales.
Dollar fort et taux d’intérêt : des facteurs déterminants
L’un des principaux éléments expliquant cette baisse est la hausse du dollar américain. Comme l’or est libellé en dollars, un billet vert plus fort le rend mécaniquement moins attractif pour les investisseurs internationaux.
Par ailleurs, les anticipations de hausse des taux d’intérêt jouent un rôle clé. Contrairement aux obligations ou aux actions, l’or ne génère aucun revenu. Lorsque les taux augmentent, les placements rémunérés deviennent plus intéressants, ce qui pèse sur le métal précieux.
Avec la remontée des prix de l’énergie, les marchés redoutent une inflation persistante, ce qui pourrait pousser les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine, à maintenir voire augmenter leurs taux. Ce changement de perspective a fortement impacté les cours de l’or.
Appels de marge et ventes massives sur les marchés
Au-delà des facteurs macroéconomiques, des mécanismes techniques accentuent la baisse. Les investisseurs, confrontés à des pertes sur d’autres actifs, sont contraints de vendre de l’or pour dégager des liquidités.
Ces ventes sont souvent liées aux appels de marge, qui obligent les opérateurs à injecter des fonds supplémentaires pour maintenir leurs positions. Dans ce contexte, l’or devient une source rapide de cash, en raison de sa forte liquidité.
Ce phénomène amplifie la pression baissière et contribue à accentuer la volatilité du métal. Certains analystes évoquent également des ventes potentielles de banques centrales, qui pourraient renforcer cette tendance.



