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Réforme de la TVA : la nouvelle annonce du budget 2026 replonge les auto-entrepreneurs dans l’angoisse

L’annonce de la réforme des seuils de franchise de TVA dans le budget 2026 n’a pas rassuré les indépendants. Loin de là. Pour des milliers d’auto-entrepreneurs, la menace d’un seuil unique à 25 000 euros continue de planer.

« On pensait avoir un peu de répit, mais non. Depuis l’annonce, on stresse, on ne dort plus », confient plusieurs membres du collectif Stop TVA 25K, la voix lasse.

Une réforme suspendue… mais pas supprimée

La mesure issue du budget 2025 prévoyait d’instaurer un seuil unique de franchise de TVA à 25 000 euros, contre des seuils actuellement bien plus élevés :

  • 85 000 euros pour les activités commerciales et d’hébergement,
  • 50 000 euros pour les avocats, professions libérales et artistes-interprètes,
  • 37 500 euros pour les activités de services et autres professions libérales.

Si cette réforme avait été suspendue face à la colère des indépendants, elle n’a jamais été officiellement annulée. La simple évocation de son retour dans le budget 2026 suffit donc à rallumer les inquiétudes.

« On ne comprend pas pourquoi on revient toujours sur ce dossier alors qu’on a déjà alerté sur les dégâts qu’il causerait », déplore le collectif, regroupant auto-entrepreneurs, associations et petites structures.

Une vocation avant tout sociale

Parmi les professionnels concernés, nombreux sont ceux qui exercent des métiers à forte dimension humaine et sociale : éducateurs sportifs, thérapeutes, coachs, professeurs, intervenants associatifs…

Ils accompagnent des publics souvent fragiles : personnes âgées, enfants en surpoids, malades chroniques ou en affection longue durée.

Ces professionnels rappellent qu’ils ne se contentent pas de « faire du chiffre » : ils contribuent chaque jour à la santé et au bien-être de leurs bénéficiaires, à travers des actions de prévention, d’éducation ou d’insertion.

Mais derrière cette mission sociale se cache une réalité économique difficile. Les séances sont facturées en moyenne 60 euros, mais beaucoup travaillent via des associations qui prélèvent la moitié du montant. À cela s’ajoutent les frais de déplacement, de matériel, et le temps non rémunéré.

Des revenus modestes et un quotidien épuisant

À raison de journées de 8h à 20h, la plupart peinent à dégager un revenu net supérieur à 1 300 euros par mois. Les congés sont rares, les horaires lourds, et les marges inexistantes.

« On ne part pas en vacances, on compte chaque dépense, et on continue quand même parce qu’on aime ce qu’on fait », résument plusieurs professionnels du collectif.

Mais tous le disent : si la réforme est adoptée en l’état, ils devront arrêter.

Un risque d’asphyxie pour tout un secteur

Pour les indépendants et micro-entrepreneurs, cette réforme « reviendrait à asphyxier un secteur déjà fragile ».
En dessous du seuil de 25 000 euros, les professionnels resteraient exonérés, mais dès qu’ils le dépassent, ils devraient appliquer la TVA à leurs clients — une mesure jugée impossible à absorber.

« On ne peut pas ajouter 20 % à nos tarifs ! Nos bénéficiaires n’ont déjà pas les moyens de payer plein tarif », alertent les collectifs.

Le risque est clair : une vague de cessations d’activité parmi les acteurs de terrain les plus vulnérables — ceux de la santé, de l’éducation, du social, de la culture et de l’accompagnement.

Le collectif Stop TVA 25K multiplie les alertes et les appels au gouvernement, redoutant que la réforme refasse surface « en douce » dans le projet de loi de finances 2026.

À noter :
Selon plusieurs associations professionnelles, plus de 2,5 millions d’auto-entrepreneurs seraient potentiellement touchés par cette mesure.
Beaucoup affirment qu’ils devraient fermer leur activité ou basculer dans le travail non déclaré pour survivre.

Une réforme « en apnée »

« Cela fait des mois qu’on est en apnée, tous sur les dents », résument les représentants des indépendants.
Exténués, mais toujours mobilisés, ils espèrent encore que le bon sens l’emportera.

Le gouvernement, lui, reste silencieux sur l’avenir de cette réforme. Sera-t-elle maintenue, amendée ou définitivement enterrée ?
Une chose est sûre : pour les auto-entrepreneurs, la peur de devoir choisir entre leur vocation et leur survie économique est plus présente que jamais.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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