Thermostats connectés : l’obligation d’installation désormais repoussée à 2030

Le débat sur l’installation obligatoire de thermostats dans tous les logements et bâtiments tertiaires en France connaît un nouveau tournant. Initialement prévue pour le 1er janvier 2027, cette obligation a été reportée à 2030, suscitant réactions politiques, inquiétudes économiques et débats environnementaux. La mesure vise à encadrer la consommation énergétique, améliorer le pouvoir d’achat des Français et réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais elle soulève également des questions sur sa mise en œuvre et son impact réel.
Un report annoncé par le gouvernement : raisons et contexte
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a officiellement annoncé le report de trois ans de l’obligation d’installation de thermostats, précisant que la mesure ne deviendra effective qu’en 2030.
🔴Thermostat : la nouvelle règle qui va nous coûter cher.
A partir de 2027 tous les radiateurs devront être équipés de thermostats connectés
Une installation qui sera à la charge des propriétaires , environ 300€ par radiateur
Objectif, surveiller notre consommation d’#énergie pic.twitter.com/GMGqa8bCJh— Marcello🐝 (@Marcel81048792) December 4, 2025
Cette décision intervient après de vives critiques de l’opposition et des débats au sein des collectivités locales. Le report avait déjà été évoqué par le Premier ministre Sébastien Lecornu lors du Congrès des maires de France, soulignant que le gouvernement avait anticipé les réactions plutôt que d’agir sous pression politique.
Le décret initial, daté du 7 juin 2023, s’inscrit dans le cadre du plan de sobriété énergétique lancé par le président Emmanuel Macron en juillet 2022. Ce plan vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, notamment russes, et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments résidentiels et tertiaires. L’installation des thermostats, qu’ils soient connectés, programmables ou manuels, permettrait de mieux réguler la consommation de chauffage et de climatisation.
Une obligation qui concerne 27 millions de foyers
L’extension de cette obligation à l’ensemble des logements et bâtiments tertiaires représente un enjeu majeur pour la France. Selon les estimations, 27 millions de foyers devront être équipés de systèmes de régulation de la température. Ces dispositifs permettent de programmer les plages horaires de chauffage, d’optimiser la consommation énergétique et de réaliser des économies sur les factures.
Le décret ne fixe pas de modèle spécifique de thermostat, offrant aux propriétaires le choix entre des appareils manuels, programmables ou connectés. Les systèmes doivent toutefois permettre un contrôle efficace de la température et contribuer à la réduction de la consommation énergétique, estimée à 15 % par rapport aux niveaux actuels. En complément, le décret prévoit le calorifugeage des réseaux de distribution de chaleur et de froid, afin de limiter les pertes énergétiques.
Un coût variable pour les propriétaires et aides financières envisagées
L’installation de thermostats représente un investissement non négligeable pour les particuliers. Selon les types d’appareils, le coût du matériel varie entre 60 et 250 euros, tandis que l’installation peut coûter entre 150 et 300 euros supplémentaires. Le gouvernement a annoncé la mise en place d’aides financières pour accompagner les propriétaires, mais le montant exact et les modalités de ces aides restent à préciser.
Cette dépense initiale est présentée par le gouvernement comme un investissement à long terme, permettant de réaliser des économies sur les factures de chauffage et de climatisation. Les thermostats connectés et programmables offrent également la possibilité de suivre sa consommation en temps réel et d’adapter le chauffage aux besoins réels des occupants, favorisant ainsi une meilleure maîtrise des dépenses énergétiques.
Une mesure contestée par les industriels et les associations environnementales
Le report de l’échéance a suscité des réactions négatives de la part de l’Ignes, l’organisation professionnelle regroupant les industriels du secteur électrique et numérique. Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé ce report comme un « recul environnemental majeur », soulignant que l’installation immédiate de thermostats constituait un levier efficace pour réduire les émissions de carbone et accélérer la transition énergétique.
La polémique intervient également dans un contexte international, alors que se tient la COP30 à Belém. Les défenseurs de l’environnement mettent en garde contre le risque de ralentir les efforts de décarbonation des bâtiments et de compromettre les objectifs climatiques fixés par l’Union européenne. Ils insistent sur le fait que la sobriété énergétique et la régulation de la consommation thermique sont essentielles pour limiter la dépendance aux énergies fossiles et réduire l’empreinte carbone des foyers.
Parallèlement, certains experts rappellent que l’installation de thermostats intelligents contribue également à une meilleure qualité de vie et à un confort thermique optimal, tout en intégrant les innovations numériques dans les foyers. Cette transition vers des systèmes plus modernes et efficaces représente une étape stratégique dans la politique énergétique nationale, même si son déploiement reste étalé sur plusieurs années.



