C’est confirmé : voici les changements qu’il y aura en décembre sur vos factures de gaz

Les évolutions récentes du marché de l’énergie en France suscitent de nombreuses interrogations, tant du côté des particuliers que des entreprises.
Entre la publication du nouveau prix repère du gaz pour décembre et la fin annoncée de l’ARENH, les repères traditionnels disparaissent, laissant place à de nouveaux mécanismes et à une volatilité accrue des tarifs. Comprendre ces changements devient essentiel pour anticiper leur impact sur les factures et adapter sa stratégie d’achat d’énergie.
Une stabilité qui rassure… en apparence
Pour le mois de décembre, le prix du kilowattheure (kWh) passera de 0,135 euro à 0,134 euro pour un usage limité à la cuisson ou à l’eau chaude. En revanche, le tarif pour le chauffage reste inchangé, à 0,102 euro le kWh.
Quant à l’abonnement annuel, il se maintient à 134,14 euros pour les petits consommateurs et 330,80 euros pour les foyers chauffés au gaz. Autrement dit, aucune augmentation directe à redouter à l’approche de l’hiver — un soulagement relatif dans un contexte où chaque centime compte.
Des factures toujours trop élevées pour de nombreux ménages
Mais derrière cette stabilité se cache une autre réalité : se chauffer est devenu un luxe pour une grande partie des Français. Malgré les légères baisses annoncées, le coût global de l’énergie reste difficilement supportable pour de nombreux foyers.
Selon les données récentes relayées par les médias, plus d’un tiers des ménages (36%) déclarent avoir eu du mal à régler leurs factures de gaz ou d’électricité au cours des douze derniers mois — un record historique.
Résultat : beaucoup renoncent à allumer leur chauffage, même lorsque les températures chutent. Trois foyers sur quatre admettent réduire volontairement leur consommation, quitte à vivre dans le froid. Un phénomène qui témoigne d’une véritable fracture énergétique, aggravée par la hausse du coût de la vie et la stagnation des salaires.
🚨🇫🇷🥶 ALERTE INFO !
SE CHAUFFER EST DEVENU UN LUXE POUR DES MILLIONS DE FRANÇAIS
Plus d’un tiers des foyers (36 %) ont eu du mal à payer leurs factures d’électricité ou de gaz ces douze derniers mois, un record absolu, doublé en 5 ans.
👉 3 FOYERS SUR 4 SE PRIVENT DE… https://t.co/2hEauqTLKu pic.twitter.com/n9WIlzGvvp
— Impact (@ImpactMediaFR) October 28, 2025
Des écarts importants selon les régions
Il faut aussi rappeler que ce prix repère du gaz ne s’applique qu’aux zones couvertes par GRDF, soit environ 95 % du territoire. Les foyers raccordés à des réseaux locaux — appelés entreprises locales de distribution (ELD) — subissent souvent des tarifs plus élevés.
À Bordeaux, Strasbourg ou Grenoble, les prix du gaz dépassent la moyenne nationale. Par exemple, à Bordeaux, le kWh grimpera à 0,143 euro pour un usage cuisson-eau chaude, et l’abonnement annuel pourra atteindre plus de 400 euros pour un foyer chauffé au gaz.
Une accalmie fragile avant l’hiver
Si la stabilité des prix pour décembre est accueillie comme une bonne nouvelle, elle ne règle pas le problème de fond : le pouvoir d’achat énergétique continue de se dégrader. La moindre vague de froid pourrait se traduire par une explosion des consommations — et donc des factures.
Les ménages espèrent désormais que cette accalmie se prolongera au-delà de l’hiver, sans quoi les difficultés risquent de s’aggraver encore.
Fin de l’ARENH en 2025 : une nouvelle ère pour le marché de l’énergie
Au-delà du gaz, un autre changement majeur se profile : la fin de l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) prévue pour le 31 décembre 2025. Ce dispositif permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter une partie de l’électricité nucléaire d’EDF à prix fixe (42 €/MWh).
Sa suppression bouleversera profondément le marché de l’électricité dès 2026.
Concrètement, les fournisseurs perdront l’accès à ce prix garanti et devront s’approvisionner sur le marché libre, bien plus volatil. Résultat : des offres potentiellement plus chères pour les entreprises et collectivités, notamment à l’approche de la prochaine révision des tarifs réglementés attendue le 1er février 2026.
Pour limiter la casse, de nouveaux mécanismes devraient voir le jour, comme le Versement Nucléaire Universel (VNU), destiné à redistribuer une partie des revenus d’EDF aux consommateurs, ou les Contrats pour Différence (CfD), qui offriront une certaine stabilité aux grands industriels.
« L’après-ARENH s’annonce plus risqué, alors mieux vaut sécuriser nos prix dès maintenant », confie Julien, directeur d’usine en Île-de-France.
Cette réforme marque la fin d’une ère de régulation et le début d’un marché plus concurrentiel, mais aussi plus incertain. Entre prix repère du gaz et nouveaux dispositifs nucléaires, la facture énergétique des Français et des entreprises reste suspendue à des équilibres économiques fragiles.



