Le chômage repart à la hausse en France, un signal qui inquiète à l’aube de 2026

Alors qu’un certain optimisme dominait encore les prévisions de fin d’année, le marché du travail français envoie un signal moins rassurant. Selon les dernières données publiées par l’Insee, le taux de chômage a progressé au quatrième trimestre 2025 pour atteindre 7,9 % de la population active.
Une hausse modérée en apparence, mais qui confirme un retournement de tendance observé depuis plusieurs mois, dans un contexte économique marqué par le ralentissement de l’activité et les incertitudes persistantes.
Une hausse plus marquée qu’anticipé par les prévisions
Le chiffre a surpris par son ampleur relative. Alors que les économistes tablaient sur une stabilité du chômage en fin d’année, celui-ci a augmenté de 0,2 point en trois mois. Concrètement, cela représente 56 000 personnes supplémentaires sans emploi, portant le nombre total de chômeurs à environ 2,5 millions au sens du Bureau international du travail, hors Mayotte.
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Sur un an, la progression est encore plus nette, avec une hausse de 0,6 point. Le taux de chômage atteint ainsi son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2021. Même s’il reste bien inférieur au pic observé au milieu des années 2010, cette évolution rompt avec la dynamique d’amélioration progressive qui avait suivi la crise sanitaire.
Un marché du travail fragilisé par le ralentissement économique
Cette dégradation s’inscrit dans un contexte économique plus tendu. En 2025, la croissance française a marqué le pas, pénalisée par la faiblesse de la demande intérieure, le recul de l’investissement et une conjoncture internationale moins favorable. De nombreux secteurs ont ralenti leurs recrutements, notamment l’industrie, le bâtiment et certaines branches des services.
Les entreprises, confrontées à des marges sous pression et à un environnement incertain, privilégient désormais la prudence. Les créations d’emplois se raréfient, tandis que les fins de contrats, en particulier les CDD et l’intérim, augmentent. Cette mécanique touche en premier lieu les jeunes actifs et les profils les plus précaires, souvent plus exposés aux ajustements conjoncturels.
Des disparités persistantes selon l’âge et le type d’emploi
Derrière le chiffre global se cachent des réalités contrastées. Le chômage des jeunes reste nettement supérieur à la moyenne nationale, malgré les dispositifs mis en place ces dernières années pour favoriser l’alternance et l’insertion professionnelle. Les seniors, de leur côté, continuent de rencontrer des difficultés de retour à l’emploi, dans un contexte où l’allongement des carrières ne s’accompagne pas toujours d’une adaptation des pratiques de recrutement.
Les données récentes montrent également une progression du halo autour du chômage, regroupant les personnes souhaitant travailler sans être comptabilisées comme chômeurs au sens strict. Un indicateur qui souligne une fragilisation plus large du marché du travail que ne le laisse entendre le seul taux officiel.
Quelles perspectives pour le début de l’année 2026
Selon les projections de l’Insee, le taux de chômage pourrait continuer de progresser légèrement au premier semestre 2026, pour se situer autour de 7,8 % à 8 %. Une évolution qui dépendra étroitement du redémarrage de l’activité économique et de la capacité des entreprises à relancer leurs embauches.
Le gouvernement, de son côté, se retrouve face à un double défi : soutenir la croissance tout en évitant une dégradation durable de l’emploi. Les débats autour des politiques de formation, de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de la compétitivité des entreprises devraient s’intensifier dans les mois à venir, alors que le marché du travail entre dans une phase plus incertaine.



