Crédit immobilier : le risque caché qui peut coûter des milliers d’euros aux emprunteurs

Changer d’assurance de prêt immobilier est désormais beaucoup plus simple depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022. Cette réforme permet de résilier son contrat à tout moment et, dans certains cas, de ne plus remplir de questionnaire de santé.
Une avancée considérable pour les emprunteurs cherchant à réduire le coût de leur assurance. Cependant, derrière cette opportunité se cachent des risques souvent méconnus, qui peuvent avoir un impact financier important.
La loi Lemoine et ses avantages financiers
La loi Lemoine repose sur deux grands principes la suppression du questionnaire de santé pour les prêts inférieurs à 200 000 € et le droit de résilier son assurance emprunteur à tout moment. Grâce à ces mesures, de nombreux emprunteurs ont pu réaliser des économies significatives sur leurs cotisations. Certains courtiers évoquent des baisses pouvant atteindre 25 à 30 % du coût total de l’assurance.
Ce mécanisme a permis de dynamiser le marché et d’offrir plus de liberté aux emprunteurs. Les banques doivent accepter le changement si le nouveau contrat respecte le principe d’équivalence des garanties, garantissant théoriquement le maintien d’une protection similaire à celle du contrat précédent.
Les délais de franchise et de carence : un risque sous-estimé
Malgré les avantages financiers, certains éléments contractuels peuvent limiter la couverture dans les premiers mois du nouveau contrat. Les délais de franchise et de carence constituent des zones de vulnérabilité. Le délai de franchise est la période pendant laquelle l’assuré ne perçoit pas d’indemnisation après un sinistre, tandis que le délai de carence désigne le laps de temps suivant la souscription pendant lequel certaines garanties ne s’appliquent pas encore.
Ces clauses sont particulièrement fréquentes pour les garanties perte d’emploi, incapacité temporaire de travail ou invalidité. Un emprunteur pensant être immédiatement couvert pourrait se retrouver sans indemnisation en cas de problème survenant dans ces périodes initiales. Lire attentivement les conditions générales est donc essentiel pour éviter un “trou de garanties”.
Pathologies préexistantes : un risque caché pour certains emprunteurs
Pour protéger leurs finances, certains assureurs incluent des exclusions liées aux pathologies déjà connues. Même si le questionnaire de santé n’est plus systématique, un problème de santé antérieur constaté par un médecin peut entraîner un refus de prise en charge pour certaines garanties.
Cette situation concerne surtout les pathologies dont l’évolution peut nécessiter des soins ou des interventions médicales. Bien que la majorité des assureurs appliquent la loi Lemoine de manière conforme et ne restreignent pas la couverture des maladies préexistantes, quelques cas problématiques sont signalés auprès du Médiateur de l’assurance. Les emprunteurs concernés doivent donc rester vigilants et examiner les clauses spécifiques de leur contrat, notamment en matière de soins déjà diagnostiqués ou suivis.



