Carburants en France : tensions dans les stations, mais pas de pénurie selon le gouvernement

Alors que TotalEnergies vient de prolonger le plafonnement des prix de l’essence, une autre inquiétude monte chez les automobilistes : les stations-service commencent à manquer de carburant.
Pourtant, les autorités se veulent rassurantes.
18% des stations touchées par des ruptures
Environ 18% des stations-service en France sont actuellement en rupture d’au moins un carburant. Une situation qui peut sembler alarmante, mais qui s’explique avant tout par des problèmes logistiques et non par un manque de pétrole.
La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a tenu à clarifier la situation :
« Il n’y a pas de problème d’approvisionnement en pétrole ni au niveau des raffineries. »
Autrement dit, la matière première est bien disponible. Le blocage se situe ailleurs.
Le réseau TotalEnergies particulièrement touché
Selon le gouvernement, 83% des stations en difficulté appartiennent au réseau TotalEnergies. Une concentration qui s’explique notamment par le succès de son opération de plafonnement des prix.

En limitant le prix de l’essence à 1,99 €/L, l’entreprise attire davantage d’automobilistes… ce qui entraîne une forte demande et met sous pression son réseau de distribution.
Résultat : certaines stations sont temporairement à sec, faute de livraisons suffisantes pour suivre le rythme.
Une crise logistique liée au transport
Le cœur du problème réside dans un engorgement des réseaux de transport, notamment pour les camions-citernes.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- forte demande liée aux prix plafonnés
- ralentissement des livraisons pendant le week-end de Pâques
- tensions internationales perturbant les flux énergétiques
Le président de l’Union française des industries pétrolières, Olivier Gantois, évoque même :
« Une station sur quatre » en difficulté à un moment donné.
Aucun risque de pénurie, insiste le gouvernement
Malgré les tensions visibles dans certaines stations-service, le gouvernement insiste sur un point essentiel : il ne s’agit pas d’une pénurie. La nuance est importante, car le pétrole continue d’arriver en France et les stocks restent disponibles.
Le problème actuel relève avant tout de difficultés d’acheminement, liées à un engorgement des réseaux de transport. Pour y remédier, les autorités ont mis en place plusieurs mesures, notamment des dérogations pour faciliter le transport routier, une mobilisation logistique renforcée et un réapprovisionnement progressif des stations, déjà en cours.
Une amélioration attendue rapidement
Selon le gouvernement, la situation est déjà en train de s’améliorer et devrait revenir à la normale dans les prochains jours.
Mais cette tension met en lumière une réalité :
les politiques de prix attractifs, comme celles de TotalEnergies, peuvent déséquilibrer temporairement le marché en concentrant la demande sur certains réseaux.



