Déblocage de l’épargne salariale en 2026 : jusqu’à 50 000 € bientôt accessibles pour relancer la consommation ?

En ce début d’année 2026, la question du pouvoir d’achat s’invite une nouvelle fois au cœur du débat politique. Inflation persistante, coûts de l’énergie, logement toujours sous tension : pour de nombreux ménages, chaque levier financier potentiel est scruté de près.
Dans ce contexte, l’épargne salariale, souvent oubliée car bloquée sur le long terme, revient sur le devant de la scène. Une proposition de loi actuellement débattue à l’Assemblée nationale pourrait en effet autoriser un déblocage exceptionnel pouvant atteindre 50 000 euros par salarié. Une mesure ambitieuse, mais encore incertaine.
Une épargne salariale pensée pour le long terme, peu mobilisable au quotidien
Participation et intéressement constituent une part non négligeable de la rémunération différée de millions de salariés en France. Ces sommes, versées par l’entreprise, sont généralement placées sur un plan d’épargne entreprise (PEE ou PEI) et soumises à une règle de blocage de cinq ans. L’objectif est encourager l’épargne de long terme et associer les salariés aux performances de leur entreprise.
Si ce mécanisme s’avère efficace sur la durée, il peut devenir contraignant lorsque les finances personnelles se tendent. Certes, la loi prévoit déjà plusieurs cas de déblocage anticipé — mariage, naissance, divorce, achat de la résidence principale ou encore accident de la vie — mais ces situations restent limitées et strictement encadrées. Le projet actuellement discuté vise à introduire une exception temporaire, bien plus large, accessible à la demande du salarié.
Ce que prévoit la proposition de loi débattue au Parlement
Portée par la députée Sylvie Bonnet, la proposition de loi envisage d’ouvrir, sur l’ensemble de l’année 2026, un droit au déblocage anticipé de l’épargne salariale sans condition d’événement de vie. Les sommes concernées seraient celles issues de la participation et de l’intéressement, placées avant le 1er janvier 2027.
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En revanche, certains dispositifs resteraient exclus du périmètre. L’épargne détenue sur un plan d’épargne retraite collectif (PER collectif) ne serait pas concernée, afin de préserver sa vocation strictement retraite. Les fonds solidaires seraient également exclus, dans un souci de cohérence avec leurs objectifs sociaux et environnementaux.
La demande devrait être formulée en une seule fois et avant le 31 décembre 2026, ce qui impose aux salariés d’anticiper leur décision.
Un plafond fixé à 50 000 € et une utilisation strictement encadrée
C’est le point qui suscite le plus de réactions : le plafond maximal de déblocage serait fixé à 50 000 euros par personne, tous plans confondus. Un montant élevé, qui concerne en réalité une minorité de salariés disposant d’un encours important, mais qui marque une rupture avec les précédents dispositifs exceptionnels.
L’utilisation des fonds ne serait toutefois pas libre. Le texte prévoit que l’argent serve à financer des achats de biens ou de services, comme l’acquisition d’un véhicule, la réalisation de travaux ou certaines dépenses de consommation. L’objectif affiché est clair soutenir l’économie réelle et stimuler la consommation. En cas de contrôle, le salarié devrait être en mesure de justifier l’affectation des sommes débloquées.
Fiscalité, rôle de l’employeur et scénario alternatif du gouvernement
Sur le plan fiscal, la proposition conserve l’un des principaux atouts de l’épargne salariale. Les sommes débloquées resteraient exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux, notamment la CSG et la CRDS, continueraient de s’appliquer sur les plus-values. Ce maintien du régime fiscal avantageux avait déjà joué un rôle déterminant lors des précédents déblocages exceptionnels.
Dans certains cas, notamment lorsque l’épargne est investie en titres de l’entreprise ou dans des fonds spécifiques, l’accord de l’employeur ou un dispositif collectif pourrait être requis. Cette précaution vise à éviter des sorties massives de capitaux susceptibles d’affecter la trésorerie ou les fonds propres des entreprises, en particulier des PME.
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Parallèlement, le gouvernement étudie une piste distincte et plus ciblée. Elle concernerait uniquement les salariés dont la rémunération ne dépasse pas deux fois le SMIC, avec un déblocage plafonné à 2 000 euros. Ce scénario, plus simple, ne nécessiterait aucune justification d’utilisation et pourrait être mis en place par voie réglementaire, sans passer par un vote parlementaire.



