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Smic 2026 : la hausse officielle tombe avant Noël, voici ce que vont vraiment gagner les salariés

À quelques jours des fêtes de fin d’année, le gouvernement a officialisé une annonce très attendue par des millions de Français : le Smic sera revalorisé au 1er janvier 2026.

L’information, confirmée lors d’une réunion avec les partenaires sociaux, précise le montant exact de cette hausse et ses conséquences concrètes sur les fiches de paie. Si la mesure respecte les règles légales de revalorisation automatique, elle suscite déjà de vives réactions du côté des syndicats, qui espéraient un geste plus fort face à la progression du coût de la vie.

Une hausse actée au 1er janvier 2026

La décision a été annoncée lors de la Commission nationale de la négociation collective consacrée au Smic, réunie le vendredi 12 décembre 2025. Devant les représentants syndicaux et patronaux, le directeur général du Travail a confirmé que le salaire minimum interprofessionnel de croissance serait revalorisé de 1,18 % à compter du 1er janvier 2026.


Concrètement, le Smic mensuel brut passera de 1 801,80 euros à 1 823,03 euros, soit une augmentation de 21,23 euros bruts par mois. En net, le salaire minimum atteindra 1 443,13 euros, contre 1 426,30 euros actuellement. Cela représente 16,83 euros nets supplémentaires chaque mois pour un salarié à temps plein.

Cette revalorisation concerne l’ensemble des territoires où s’applique le Smic : la métropole, les départements et régions d’outre-mer, mais aussi Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Une hausse uniforme, sans distinction géographique, qui entrera en vigueur dès les premiers bulletins de salaire de janvier.

Comment est calculée la revalorisation du Smic

Le ministère du Travail rappelle que l’évolution du Smic ne résulte pas d’un choix politique arbitraire, mais d’une formule encadrée par la loi. Deux paramètres principaux entrent en compte dans son calcul annuel.

Le premier est l’inflation. Le Smic est indexé sur l’évolution des prix à la consommation pour les 20 % des ménages les plus modestes. Entre novembre 2024 et novembre 2025, l’inflation hors tabac pour ces ménages a été évaluée à 0,6 %. Cette donnée garantit que le salaire minimum ne perde pas de pouvoir d’achat face à la hausse des prix.


Le second paramètre concerne l’évolution des salaires. Le Smic intègre la moitié du gain de pouvoir d’achat constaté sur les salaires horaires de base des ouvriers et employés. Entre septembre 2024 et septembre 2025, les salaires ont progressé de 2 %, tandis que les prix augmentaient de 0,8 %, soit un gain réel de 1,19 %. La moitié de ce gain, 0,595 %, est ajoutée au calcul final.

Additionnés, ces deux éléments aboutissent à la hausse globale de 1,18 %, qui sera appliquée automatiquement au 1er janvier 2026.

Une hausse jugée insuffisante par les syndicats

Si la revalorisation est officiellement confirmée, elle ne fait pas l’unanimité. Plusieurs organisations syndicales dénoncent une augmentation purement mécanique, sans véritable coup de pouce politique. La CFTC regrette « l’absence de geste fort depuis de trop nombreuses années », soulignant la progression continue du nombre de travailleurs pauvres.


La CGT se montre encore plus critique, estimant que cette hausse « enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité ». Pour les syndicats, l’augmentation annoncée ne compense pas suffisamment la pression exercée par les dépenses contraintes, notamment le logement, l’énergie et l’alimentation.

Cette déception est d’autant plus marquée que le Groupe d’experts sur le Smic avait anticipé une revalorisation légèrement plus élevée. Dans son dernier rapport, il évoquait une hausse possible autour de 1,4 %, sur la base d’une inflation proche de 1 %. Un écart modeste sur le papier, mais symboliquement important pour les salariés rémunérés au minimum légal.

Le gouvernement peut-il aller plus loin que la hausse automatique ?

Rien n’interdit au gouvernement d’accorder une augmentation supplémentaire du Smic au-delà du calcul légal. Ce mécanisme, souvent appelé « coup de pouce », relève d’une décision politique. Historiquement, ce type de revalorisation exceptionnelle reste rare.

Le dernier coup de pouce significatif remonte à juillet 2012, après l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Depuis, les gouvernements successifs se sont limités aux revalorisations automatiques, invoquant la protection de l’emploi et la compétitivité des entreprises.

Si certains syndicats continuent d’espérer une annonce complémentaire dans les semaines à venir, aucun signal fort n’a pour l’instant été envoyé par l’exécutif. La hausse de 1,18 % semble donc devoir rester la seule évolution du Smic au 1er janvier 2026, laissant ouverte la question du pouvoir d’achat des salariés les plus modestes dans les mois à venir.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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