Emploi

Arrêt maladie des fonctionnaires : que va-t-il se passer après le recul du gouvernement ?

C’est un soulagement pour des millions d’agents publics. Alors que le Budget 2026 prévoyait initialement un durcissement des règles en cas d’arrêt maladie, le gouvernement a finalement fait marche arrière.

La mesure la plus contestée — le passage de 1 à 3 jours de carence non rémunérés dans la fonction publique — a été supprimée du texte adopté mardi soir par les députés. Une décision qui change concrètement la donne pour le pouvoir d’achat des fonctionnaires.

Trois jours de carence : une mesure abandonnée après de vives critiques

Dans sa version initiale, le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait d’aligner la fonction publique sur le secteur privé en portant le délai de carence à trois jours, contre un seul actuellement. Autrement dit, en cas d’arrêt maladie, les agents publics auraient perdu trois jours de rémunération.

 

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Très vite, cette disposition a suscité une forte opposition, tant du côté des syndicats que de nombreux députés. L’argument avancé par l’exécutif — l’alignement avec le privé — a été jugé trompeur. En réalité, près de 70 % des salariés du secteur privé bénéficient d’une compensation par leur employeur dès le premier jour d’absence, ce qui limite fortement l’impact réel du délai de carence.

Face à la pression politique et sociale, et pour éviter une nouvelle motion de censure, le gouvernement a finalement retiré cette mesure du texte final.

Une mesure jugée injuste et contreproductive

Les opposants à l’allongement du délai de carence ont mis en avant son caractère profondément inégalitaire. Chaque jour non indemnisé représente une perte de revenu significative, en particulier pour les agents les plus modestes.

Plusieurs amendements ont également souligné le caractère contreproductif de la mesure. Selon de nombreuses études, allonger le délai de carence ne réduit pas l’absentéisme. Au contraire, cela incite parfois les salariés à prolonger leur arrêt maladie afin de compenser financièrement les jours non payés. Un effet pervers largement documenté et pointé lors des débats parlementaires.

Un contexte déjà tendu depuis la réforme de 2025

Ce recul du gouvernement intervient dans un contexte où les fonctionnaires ont déjà vu leur indemnisation diminuer. Depuis le 1er mars 2025, les arrêts maladie dans la fonction publique sont indemnisés à 90 % du salaire pendant les trois premiers mois, contre 100 % auparavant.

Cette réforme visait à générer environ 900 millions d’euros d’économies par an, selon les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas). Pour de nombreux agents, l’ajout de deux jours de carence supplémentaires aurait constitué un nouveau coup dur.

Une victoire syndicale et un signal politique fort

L’abandon des trois jours de carence est largement perçu comme une victoire pour les syndicats et une défaite symbolique pour l’exécutif, qui cherchait à afficher une ligne de rigueur budgétaire. Le gouvernement a également renoncé à une autre mesure sensible : le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, pourtant adopté par le Sénat en décembre.

Dans la nouvelle version du budget, ces reculs se traduisent par le rétablissement de 462 millions d’euros de crédits précédemment supprimés par les sénateurs.

Un texte encore attendu au Sénat, mais un recul déjà acté

Le Budget 2026 doit encore être examiné une nouvelle fois par le Sénat avant un vote final attendu début février à l’Assemblée nationale. Néanmoins, le retrait de l’allongement du délai de carence semble désormais acquis, tant cette mesure cristallisait les tensions.

À l’approche d’une période politiquement sensible, l’exécutif envoie ainsi un signal d’apaisement aux agents publics, tout en tentant de préserver l’équilibre budgétaire. Pour les fonctionnaires, la nouvelle est claire : en 2026, le délai de carence reste fixé à un jour, et la rémunération en cas d’arrêt maladie ne sera pas davantage pénalisée.

Julien Varnel

Journaliste économique, partage depuis plusieurs années des analyses approfondies sur les thématiques d’investissement, de fiscalité et de retraite. Son objectif : rendre l’information économique fiable, pédagogique et accessible à tous les lecteurs soucieux de mieux gérer leur patrimoine.

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